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Day 36 – Day 44

Jeudi 6 au samedi 15 aout : Carloforte (Ile de San Pietro, sud Sardaigne) – Villasimius (sud est Sardaigne) – Marsala (Nord-ouest Sicile) – Ragusa (sud-ouest Sicile)

Notre épopée route du jasmin touche à sa fin. Nous sommes arrivée à notre dernière escale ce matin, en équipage réduit mais on ne peut plus réactif. Apres 2 départs au lof sous spi la veille au crépuscule, juste au moment où la pêche est la meilleure, c’était chaud ! L’amie Eve-Lean qui nous a fait le plaisir de nous rejoindre en simple visiteur a maitrisé l’écoute de spi par 25kn de vent ; quant à Raphael il nous a impressionnés en gérant Leïca comme un chef. Ils ont traversé l’épisode dans les bras/pattes les 2 ensembles. Comme dans les épisodes de Scoubidou à la télé quand on était petit ou ce gros nounours de chien saute dans les bras  du grand blond à chaque fois qu’il y a danger !! Imaginez-vous la scène avec Raphaël et Leïca ne faisant qu’un. D’ailleurs j’ai admiré la sérénité et la confiance en nos capacités à régler le léger souci qui nous préoccupait sur le moment, à savoir comment descendre la chaussette du spi, une voile qui fait tout de même 240m2, la taille d’un joli appartement, avec des rafales de plus de 30kn après plusieurs tentatives infructueuses pour remettre le bato en vent arrière histoire de déventer le spi. Et oui chers amis, on ne s’ennuie pas à bord d’Heidi, sensations fortes et  bonne humeur à toutes heures du jour et de la nuit.

Mais ce n’est pas tout, nous continuons notre amarinage en mode live avec un autre épisode ou JDaniel a donné toute la dimension de son calme et sa maitrise olympienne des situations délicates : lors de notre escale à Marsala (nord-ouest Sicile), juste avant Ragusa (sud-ouest Sicile) d’où je vous écris, nous avons du gérer un mouillage assez rock n roll. Nous avons dû poser l’ancre faute de pendilles adéquates, dans un fond vaseux. Le vent s’est bien levé accusant des rafales de plus de 50kn dans le nez, évidemment cela a chassé l’ancre de notre bato, plus gros que les autres camarades sur ce ponton. Du coup nous avons décidé pour passer la nuit suivante tranquille car les conditions étaient similaires de nous ré-amarrer correctement. Pour cela JDaniel a demandé l’aide de François et Alexandra, les 2 pros de la voile du comité. Il faut dire que François est un compatriote suisse, forcement JDaniel se sent plus dans son élément ;-) Quoi qu’il en soit, nous voilà parti joyeusement pour juste rentrer-sortir. Et bien non, nous avons fait le spectacle son et lumière avec participation volontaire de tous les occupant des batos voisins. Faut dire que sans leurs interventions leurs batos avaient tout de même le risque de couler ou presque. Car à peine sorti, par vent de travers assez fort nous rabattant sur les batos amarrés, le guindeau s’est mis en berne, suivit immédiatement par la chaine de l’ancre qui surpatait dans le tourniquet qui sert à relever l’ancre, empêchant de la remonter complètement. Du coup n’étant plus amarré à l’ancre on chassait sur les autres batos mais ne pouvant pas manœuvrer puisque notre ancre à demi relevée donc à demi immergé embarquait les ancres des autres sur son passage. Et pendant que nos 2 acolytes des comités avaient le nez dans le guindeau, JDaniel à la barre, Raphaël, Eve-Lean, Leïca, tous les marins valides sur leurs batos et moi essayaient d’éviter de faire des gros trous dans les coques tandis que le bato se frottait aux étraves des voisins. 14 tonnes plus la force du vent avec des pointes à plus de 50kn ce n’est pas ce que l’on appelle une promenade de santé. JDaniel par je ne sais quel miracle a réussi à se dégager de cet étau, faisant toute mon admiration et soulageant le reste des troupes. Et Eve-Lean a gardée tout son sang-froid une fois de plus et même retrouvé son si joli sourire immédiatement après l’épisode. Las de notre rôle d’amuseur public nous sommes allés mouiller du coté safe aux côtés d’ailleurs des 2 batos du comité, avec pendilles et à l’abri du vent. Tandis que les autres essayaient comme ils pouvaient à force de parbat et autres bouts d’assurer leurs amarrages après le passage du typhon Heidi.

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Carloforte, adorable petite ville ou nous avons fait escale début aout en compagnie des Bichelmeier, après une nuit de nav en mode régate…décevante. Faute de vent nous avons dû mettre le moteur au petit matin. Mauvaise pioche car il y avait du vent au large….et nous étions parmi les 1er. Mais c’est la vie ! Puis petite étape dans une belle baie à Villasimius, un peu le St Trop de la Sardaigne. Diner sur la minuscule plage avec tous les équipages du jasmin, pates pizzas et rosé. Les moustiques et Leïca (postée sous la table du buffet) ont chacun à leur manière fortement apprécié la soirée ! Les Bichelmeier nous quittent après cette 1ere semaine de régate croisière haute en couleur mais sans score déterminant. Merci pour vos bons conseils, votre belle humeur et le doigté inégalable de Valerie à la barre.

Fin de matinée le lendemain, départ de course pour Marsala, 1ere étape de la belle Sicile. Depuis le temps que l’on en entend parler, sauvage, indomptable, QG de la Cosa Mostra, etc….

A notre arrivée nous sommes donc relégués sur le ponton fatal qui nous vaut tous nos déboires d’amarrages. Le petit bistrot en bout de quai est totalement improbable. Ambiance Bagdad Café. Entre les vieux marineros siciliens qui trainent toute la sainte journée sans perdre une miette de nos pérégrinations (ce qui doit largement alimenter leur conversation de comptoir), la petite équipe de femme qui gère le bistrot, d’une efficacité redoutable (tout peut être livré chez elles, de la pizza à la manille, en passant par la carte wifi, le billet d’avion etc…) nous faisons bonne figure dans une promiscuité toute italienne dans un mouillage qui doit dater des carthaginois. Sans eaux ni électricités à notre arrivée, et un ponton en déshérence. Eve-Lean a trouvé le moyen de nous faire une arrivée dont elle a le secret, avec son bel hidalgo de taxi driver, à bord d’une Mercedes 500 noire digne des meilleurs film de gangster, en mode supra élégante. Le contraste est tellement fort que nous en éclatons de rire toutes les 2.

Le lendemain nous arrivons à caler la visite du splendide site romain de Selinunte, je ne vous le cache pas, pas mal en ruine. Il faut dire qu’Hannibal en bon carthaginois l’a réduit en miette lors de son récent passage, en 409 av JC. Fin de journée, scène hilarante chez la commerçante du coin, au patronyme inimitable, la Zia Pina. On a tout gouté ou presque, et tout acheté ou presque ! Du Limoncello au fromagio, des amarettis à l’anchoïade ou se qui y ressemble sans oublier la fameuse huile d’olive du patelin, la meilleure du monde évidemment ! Le retour aux bus chargés comme des mulets sous un soleil de plomb s’est effectué sans que l’on s’en rende compte, étrange phénomène que l’on imputera sans doute à cet incroyable breuvage d’un vert extraterrestre qui cale tout de même 18 degrés après lecture de l’étiquette.

Arrivée le surlendemain matin à Ragusa, magnifique marina 5 étoiles toute neuve qui contrastent fortement avec la précédente, après une nuit de nav en régate ou nous avons…mis le moteur faute de vent au milieu de la nuit. Dommage car malgré nos péripéties sous spi nous n’étions pas trop mal placés. Curieuses régates ou nous assurons de magnifiques départs mais aucunes arrivées !

Apres ces 15 jours de navigation tous ensembles nous commençons à lier qques amitiés, qui nous mènent d’apéro en apéro aux grés des places d’amarrages des batos sur le ponton. Dernière escale sur Heidi ou JDaniel fait sensation avec sa prune maison à une heure avancée de la nuit, pour ceux qui ont survécu à la remontée du ponton pourtant d’une dimension tout à fait raisonnable. Eve-Lean Leïca et moi avions prudemment battu en retraite après qques arrêts, tandis que Jda et Raphaël que rien n’arrêtent et surtout pas qques verres (de coca tout de même pour Raphaël) défendaient vaillamment les couleurs de la suisse. Je passe un voile pudique sur le réveil le lendemain de nos héros, heureusement déclaré day off par le comité.

Quelques cafés plus tard, nous recevons la visite du fameux journaliste de notre mag de voile préféré, Voiles & Voiliers, venu couvrir l’évènement de la route du jasmin 2015. Jean-Luc Gourmelen est également le co-fondateur de la très utile plateforme STW (Sail the World), au 27’000 membres. Spécialisée pour les programmes hauturiers, on trouve toute les infos d’un bout à l’autre des hémisphères. Intéressé par notre profil nous lui racontons notre histoire en mode Popeye et Olive.

Encore qques jours et une régate, cette fois autour de bouées devant le port, et notre épisode Jasmin prendra fin. La suite ? Sans doute la Grèce, la fine équipe ne redoutant pas de se frotter aux vents des Cyclades….Saint Ulysse priez pour nous !

Carloforte1
Carloforte2
En famille selemente
Vue du site 2
Selemente ensemble 1
Shoe cecile
Zia pina
Zia pina 2
Raphael tire la langue
Leica en dinguy
Le fullstrom
Raph dinguy 1
Jlc voiles et voiliers
Docteur 1
Cecile arrivee sicile 1
 

Commentaires (4)

Evelyne ou Ève Lean pour les intimes
  • 1. Evelyne ou Ève Lean pour les intimes | 23/08/2015
Bon le blog n'a pas été mis à jour depuis mon départ !!!!
Qu'est ce que c'est que ça !!!!!
Du relâchement ou simplement de la navigation sans escale, le ravitaillement pour la troupe pas non plus !!!! Et la viande fraîche pour Laika !!!! Tu en a trop acheté à Ragusa chez le boucher!!!!
Il y a relâchement c'est bien ce que je pensais !!!!!
Espérant vous lire très bientôt, ici très beau, j'ai même fait une baignade en eau douce!!!! Et je m'apprête à refaire ma valise pour la Corse.
Je pourrais regarder mes mains et votre blog en fin de mois d'août et jusqu'au 1 septembre ensuite en gite et dans les montagnes corsicaines je ne pense pas avoir un accès internet!!!!
Gros bisous a vous tous et bonne mer bon vent
Caro et Alain
  • 2. Caro et Alain | 18/08/2015
Hello les vaillants marins , nous sommes impressionnés par vos exploits surtout moi car ma capacité à supporter la mer étant très relative , je dis wahou !!
De note côté nous passons quelques jours en montagne , nous nous frottons aux terribles remous de l'Isere ( je plaisante !) en rafting puis en Canyoning, l'eau est tout de même à 7 degrés , ca réveille .
Fin de semaine depart pour la bretagne , Ars, Hoedic, Houat, petites îles bien sympas mais beaucoup moins exotiques!
Bises.
Murielle
  • 3. Murielle | 17/08/2015
Enfin, je prends le temps de lire vos superbes récits... Merci les vacances ! On a un peu l'impression de vivre vos aventures par procuration, c'est très bien écrit. Comment Leica supporte les remous marins ? Gros bisous a tous.
Gaches
  • 4. Gaches | 16/08/2015
Quel bonheur Cecile de te lire et de suivre vos aventures d etapes en etapes!!!...plein d humour et d emotions... Un livre de bord a episodes passionnant!!! Hate de lire le rapport sur Olive et Popeye ds V&V

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