Note:  Que c’est chouette de vous relire après tout ce temps….

Merci Michelle,Thierry, Marie, Murielle, Helga, Willy, Eve-Lean, Fred, Janice, Lorenzo, Lavinia, Arlette, Francois, et vous tous qui nous donnez toute cette énergie. Un grand bonjour à notre charmante Hélène et toute sa famille du joli Papillon de la route du Jasmin.

Merci de garder le contact et de nous suivre dans nos peripeties….et justement en parlant d’aventures, on continue les surprises plus ou moins fun, les changements de plans de dernières minutes, mais aussi les moments privilégiés, les amis, les apéros, et les nav par tout le temps.

 

Day 138 – Day 152 : lundi 16 novembre au lundi 23 novembre : Lanzarote – Las Palmas (Iles Canaries)

Alors voilà…. Le stop à Las Palmas d’où j’écris ce post n’était pas planifié puisque nous devions être en pleine traversée de l’atlantique avec les copains d’Atlantic Odyssée.  Mais le destin en a décidé autrement ; une fois de plus je réalise à quel point nous sommes bien peu de chose. On croit être maitre de nos choix et la patatras, il faut improviser, changer son fusil d’épaule, bref s’adapter constamment aux sort qui nous ai réservé « à l’insu de notre plein gré ».

Rewind….

L’arrivée à Lanzarote s’est faite tout en douceur. La traversée de la côte marocaine pendant 4 jours et 4 nuits, un peu sportive à cause des filets de pêche partout tout le temps, s’est bien passée. Il faut dire que repérer dans la brume, de nuit, d’improbables petites loupiotes vertes ou blanches qui signalent les filets, quand elles les signalent, c’est comme tenter de retrouver les épingles à linges tombées au fond de l’eau…. Alors parfois au milieu de la nuit on se prend des bordées des pêcheurs restés sur leur barcas en bois surveiller leurs filets, même parfois à plus de 50 milles de côtes. Je ne parle pas l’arabe mais j’imagine très bien ce qu’ils souhaitent nous communiquer !!! De notre côté la pêche n’a pas été vraiment miraculeuse, mais cela ne décourage pas mes supers pêcheurs qui élaborent des stratégies appuyées par une importante artillerie de pêche qui se renforce à chaque escale. Sans mentionner les confidences sous le manteau, entre vrais pêcheurs, ou l’on s’échange quelques secrets de technique de pêche qui généralement ne se transmettent que de génération de pêcheurs en génération de pêcheurs. Comme le coup du bout effilé pour attraper des espadons. Mais chut…..ne le répétez pas !

Après une récupération express à notre arrivée à la très jolie marina de Lanzarote, nous avons eu le grand plaisir de retrouver Caro et Alain, venu de Paris pour passer quelques jours avec nous avant le grand saut. Alain a été immédiatement mis à contribution pour participer activement aux importants chantiers de préparation d’avant traversée. Papa a été d’une aide précieuse, tandis que Raphaël a disparu des écrans radars. Ses nouveaux copains rencontrés sur le site, Alban et Tom, ont monopolisé toute son attention. Même plus de temps pour ses cours….ce qui lui vaut maintenant de rattraper au pas de charge !

Dans les grandes lignes, il a fallu monter en haut du mat pour vérifier les gréements, les barres de flèches, sécuriser tout le matos d’altitude, renforcer les écoutes, retendre les filières, réparer les petits pocs, réviser, réparer et renforcer quand nécessaire les voiles, essayer la micro voile de tempête, le tourmentin, que nous n’avions pas encore sorti de son sac.

L’avitaillement pour la traversée a été aussi un grand moment de solitude…. Heureusement Père est venu en renfort m’accompagner faire les courses, 2 pages A4 plus tous ce que l’on rencontre au fil des allées, et dieu sait que c’est grand un hypermarché. En tout état de cause on ne va pas mourir de faim ! Quant au rangement sur le bato, un enfer ! Sans garantie d’ailleurs de retrouver les choses : du coffre à moteur arrière aux espaces libres situées au fin fond de la cabine intérieur, on en trouve partout. Bref on risque d’avoir des surprises lorsque l’on retrouvera des boites de conserves avariés après 6 mois de nav au fin fond d’un coffre improbable ! Et maintenant il faut gérer tout le frais qui arrive à plus que maturité tous en même temps ! Après moult soupes de légumes, de courgettes, de citrouilles ; guacamole ; carottes sous toutes ses formes ; ratatouilles ; tomates à la provençale, basquaise, lyonnaise, neuchâteloise, maye-onaise j’en passe et des meilleures, et bien c’est loin d’être gagné. Et lorsque j’ai le malheur de balancer par-dessus bord une aubergine pourrie ou une banane en état de décomposition avancée qui embaume tout le bato, Raphaël me sort sa remarque préférée « arrête maman, les poissons vont devenir végétarien avec toi » ! Oui je sais c’est l’âge bête !

Nous nous sommes tout de même octroyés une belle journée de visite avec nos amis, nous avons pu découvrir les joies du cactus sous toutes ses formes aux jardins des cactus de Lanzarote, ainsi que César Manrique, l’artiste du pays dont son drôle de maison est devenu sa fondation www.fcmanrique.org. Sans oublier les « Montanas des Fuego », le plus impressionnant selon moi à Lanzarote, qui compte tout de même plus de 140 volcans ! Un paysage lunaire, minéral, d’une beauté rare. J’avoue que le tour organisé en bus du site ne me tentait vraiment pas tant je trouve cela antinomique ; être dans cet endroit imposant, grandiose, silencieux, monocorde, bref époustouflant et le visiter enfermé dans un bus avec commentaires dans toutes les langues au milieu d’une flopé de chinois ce n’est pas trop ma tasse de thé ;-) Au retour de cette belle balade, apéro ponton : nous avions organisé avec les parents et équipages des potes de Raphaël une soirée dégustation. Nous avons fait l’apologie du jamon serrano de l’ami Toni qu’il nous a offert avant notre départ de Formentera. Merci Toni nous continuons d’ailleurs de nous régaler de ce jambon qui à lui seul renferme toutes les saveurs de l’Espagne. Et bien entendu nous avons parlé essentiellement…bato. Et pêche. Enfin j’avais bien prévenu Caro que les sujets de conversations risquaient d’être plutôt voile que Chanel ! Elle a trouvé cela terriblement « dépaysant » ;-)

Mercredi 18 novembre, jour de départ à la fois de la transat et de nos amis. Adorable petit mot d’adieu de Caro de son avion par iridium ou « nous sommes passés de votre beau bato de 15m à 4mm ». Les 1er milles en mer se passent tranquillement, bon vent arrière établi. Début de soirée où l’on rentre le génois pour ne garder que la grande voile, on en profite pour abattre un peu pour être plus au cap. JDaniel prend son quart serein, il surveille les bato aux alentours, c’est assez fréquenté entre les iles. J’ouvre un œil sur le coup de minuit et demi, rien à signaler. J’essaye de me rendormir avant mon quart de 3h. Tout d’un coup un bruit d’apocalypse sur le pont me lève en trombe. Je retrouve JDaniel aux prises avec la grande voile qui bat furieusement au vent sans rien pour la retenir, au milieu des vagues de travers qui font entrer des paquets de mers sur le pont. Le temps que j’enfile mon harnais, je le retrouve sur la coursive pour tenter d’immobiliser la bôme à l’aide d’un bout, après avoir affalé la grand-voile en catastrophe. On prend plein d’eau dans la figure du coup on y voit pas grand-chose, et le pauvre JDaniel se prend un bon coup de chariot sur la tempe qui bat à tout va. Enfin la 2eme tentative est la bonne, on arrive enfin à immobiliser la bôme. Aux vues des dégâts, chariot de grand-voile arraché, et sans doute plus mais difficile à voir au milieu de la nuit et des paquets de mer, on décide de se dérouter vers Las Palmas.

Nous retrouvons le lendemain au port les amis Delphine, Jean Camille et Mathis de Kalisea ( http://kalisea.net/, super blog je vous en conseille la lecture ;-). Nous nous étions rencontrés sur la Route du Jasmin en aout. Ils font eux la traversée sur leur big cata avec l’organisation Arc, plus de 200 bato qui partent pour Ste Lucie le dimanche suivant. Autant dire qu’il y a de l’ambiance au port….et évidemment pas de place pour nous amarrer et encore moins pour réparer ! Grâce à la présence d’esprit de Jean Camille, nous trouvons une place sur le ponton privé du très select club maritimo de las palmas, club qui fait les délices de Raphaël depuis qques jours, avec piscine, salle de jeux, bistrot et resto et surtout leur fameux Donuts. Ce n’est que 10 fois plus cher que les places au port mais bon, on se console en se disant que c’est bien surveillé et très bien situé. Et les voisins super sympas. Notamment Karim-les-bons-tuyaux, l’ami marocain depuis 30 ans ici sur son bato juste à côté de nous, l’ami Alain et sa femme Cynthia, baroudeur comme on les aime, charmant, super serviable et toujours près à partager ses trucs, astuces, adresses, etc… Et aussi joueur de backgammon !

Et nous revoilà parti pour un tour de réparation ! En attendant la pièce de chariot de France « qui devait partir vendredi et qui n’est pas parti faute de 35h chez Dufour à La Rochelle (vive la France)» nous réparons ce que l’on peut et finissons tous ce que l’on n’avait pas eu le temps de faire à Lanzarote. Nous décidons finalement de « vivre » avec le gros poc de la bôme jusqu’à Marin en Guadeloupe selon les avis avisés de nos supers professionnels de la Clinique du Bato à St Cyprien, Bruno et Cedrick, qui nous organisent la réparation là-bas. On devrait leur inventer la médaille du service après ventes en or massif tellement ils sont merveilleux. Allez Cedrick, on te pardonne le coup du DHL pas parti même si on est scotché ici encore qques jours en attendant cette foutue pièce. Et en priant qu’elle ne soit pas bloquée par les douanes !!

Mais on ne s’ennuie pas à bord, on fait contre mauvaise fortune bon cœur même si nous sommes tous les 4 passablement agacés et tristes de ne pas être sur la route. Quand on ne repare pas, les partis de belotte coinchées succèdent aux apéro/diner ponton et aux soirées home-cinéma. Les bons mots s’enchainent entre équipier, du style : Père « savais tu Raphaël que le zéro a été inventé par les arabes ? » et Raphaël de lui rétorquer « c’est normal ce sont des chiffres arabes, tu ne voulais pas qu’ils soient inventés par les turcs ? ».

;-)

Commentaires (5)

François
  • 1. François | 03/01/2016
Hello
Houla!!!, début de traversé mouvementée... :-) mais heureusement vous êtes sain et sauf...
Je vous vois maintenant au mouillage de l'autre côté de la grande Gouille... :-)
Je vous souhaite une excellente année 2016 et me réjouis de lire la suite des aventures de la traversée...
Bises et amitiés

François
martinou
  • 2. martinou | 02/01/2016
voilà le rush de Noël se tasse!
on est dans les starting bloc pour la suite car enfin IL NEIGE!!!!
donc on prévoit demain a l'aube Ski!!!!!!
On vous envoie tous nos vœux
martine et vincent
Willy
Ben Voyons, les joies de l'empannage? Où êtes-vous? Déjà au Marin je suppose?
Bien à vous

Willy
Du pic michelle
  • 4. Du pic michelle | 02/12/2015
Bonjour les amis

Alors que je prends mon petit déjeuner face à la mer ce matin, je repense soudain à Raphael qui allait nous chercher les croissants lors d'une escale de la route du Jasmin et je pense fort a vous deux qui patiemment attendez ce départ retarde . Aurez vous quand même la logistique de l'Arc ou devrez vous vous débrouiller seuls , peut être devriez vous prendre un routeur ?
Je regarde chaque matin ou est Heidi ...
Amicalement je vous embrasse
Michelle
Murielle
  • 5. Murielle | 26/11/2015
Allez, courage et patience. En espérant que vous pourrez tout de même traverser...
Faites nous un petit signe lorsque vous partirez.
Gros bisous, on pense bien à vous

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