Notes:  

Mention speciale pour tous les amis à terre mais aussi en traversée dont nous avons le plaisir de lire les messages sur le site ou  par mail. D’ailleurs je vous redonne notre adresse iridium si vous voulez aussi nous contacter lorsque nous sommes en nav : jd@myiridium.net

Merci pour vos message Huguette et aussi Monsieur le Pneumologue de maman, c’est effectivement une tranche de vie plutôt dépaysante, mais je vous rassure on s’y fait très bien ! Et la Polynésie en bato c’est plutôt cool comme terrain de jeu.

Bravo Michelle pour votre départ imminent. Et pour l’aspiro à bord, je n’ai pas de solution idéale pour toi malheureusement. Je tenterai de dire prend le moins encombrant et facile d’utilisation et tu en rachèteras un en route quand il ne marche plus. Mais je croyais que Wauquiez avait une option sans poussière ??!!

Big kiss aux familles de suisse et de Lyon, on est content de vous savoir en forme au milieu des enfants, petits-enfants etc… et merci pour les bonnes nouvelles de Leïca, la pension des grangette semble être mieux que le Ritz ! Un joyeux anniversaire JLuc, n’abuse pas trop de la convivialité de l’ami Mandarin et passe lui notre bonjour des iles en attendant d’avoir le plaisir de nous retrouver tous ensemble chez lui.

Marco contente de te savoir en forme à Paris / Bruxelles. C’est tjrs un moment particulièrement délicieux de te lire, de véritables petites madeleines de Marco-Proust ! Helga c’était une belle surprise d’avoir de tes news. J’espère que ton expo s’est bien passée à bale. Et pour tous ceux qui veulent découvrir une artiste de talent, allez voir le site d’Helga Schuhr.

Marie Claude j’espère que tu as vite récupéré de ton opération et que tu gambades à nouveau comme la jeune et jolie biche que tu es. Et toi ma jolie Caro, occupe-toi bien de ta santé pour que l’on puisse vivre encore bcp de nouvelles aventures aux 4 coins du monde ensemble….

Un envoi massif d’ondes positives, salées, ensoleillées et énergisantes à tous nos amis de St Cyprien, Neuchâtel, Paris, Lyon, etc.. Mille mercis pour vos messages qui nous font tjrs très plaisir dans notre coin reculé du monde !!!

Et pour toi Fabienne, pour ton passage des 50ieme rugissants, dis-toi bien qu’une fois arrivé là il n’y a pas de retour possible, alors profites profites profites….BIG BIG joyeux anniversaire ma belle.

 

Day 265 – Day 285 : du vendredi 8 avril au dimanche 24 avril 2016 : Polynésie Française : iles Tuamotus

Après les marquises et ces iles hautes et montagneuses, nous voici aux Tuamotus et ses atolls plats, très plats! Situés à quelques mètres au-dessus du niveau de l’eau, ils ne sont perceptibles de loin qu’au dernier moment, coiffés d’une touffe de palmier bien vert au beau milieu de tout cet océan bien bleu.

Et surtout c’est les vacances, enfin, pour Raphaël ! Un peu rabotées car il a un peu trainé pour terminer sa dernière séance, mais tout de même 10 jours sans math, français, histoire-géo, anglais, espagnol, science de la vie, physique, technologie, art plastique ou encore musique. Juste le plaisir de vivre, se laisser bercer par la douceur ambiante. Et pour nous, enfin la tranquillité, luxe calme et volupté…le bonheur !

Après les 450 miles de traversée, 3 jours en nav passés comme une lettre à la poste en compagnie de nos co navigateurs de Take Off, nous touchons les iles du roi Georges au nord-ouest. Et là, avec l’ami Eric et sa douce Brigitte arrivée de France aux Marquises pour 3 semaines à bord, nous nous préparons à passer la passe, Take Off restant prudemment derrière nous.

L’entrée dans un atoll en bato, pour tous ceux qui ne l’ont jamais expérimenté, ce n’est pas du gato. Il faut pas mal de concentration et de réactivité. C’est comme les jeux d’adresses dans les fêtes foraines. Sauf que là si on perd, on s’échoue. Cela se passe surtout de visu, le matin pour avoir la lumière dans le dos ou au plus tard à la verticale. Munis de lunette polarisante pour bien repérer les conglomérats de coraux, de son petit nom « patates », durs comme du béton, qui affleurent un peu partout, nous louvoyons dans une passe relativement étroite et tarabiscotée avec un courant plutôt fort, aux alentours des 3 à 5 nœuds. Pouvant aller jusqu’au double !

Passés les 1ers mètres, on se rend compte que le système de navigation sur les écrans est légèrement décalé par rapport à la réalité topographique des lieux. C’est-à-dire que dans la réalité les choses ne sont pas là où c’est indiqué sur la carte. Donc on redouble de vigilance et on y va gentiment. En plus il fait super chaud, 35° au bas mot, on se croirait dans un four! Très peu d’air, on n’a qu’une envie, sauter dans l’eau turquoise.

Enfin le calvaire se termine sans une égratignure, on s’ancre de manière à essayer d’éviter ces fameuses patates si le vent tourne. Et pour fêter cela tout le monde saute à l’eau, admirer cet aquarium de corail et poissons de toutes sortes.

Les Tuamotus, c’est grand ! Plus de 78 atolls (petites iles avec un lagon au centre, avec ou sans passes), étendus sur 800’000km2, du 135° au 150° longitude ouest, et du 14° au 22° latitude sud. Un peu moins de 2 fois la France ou encore 20 fois la suisse. Et seulement 16'000 personnes y vivent…cela fait rêver.

Pour rendre les choses encore plus cool, les années El Nino, les cyclones se déchainent alors qu'habituellement il n’y en a pas. D’ailleurs les Fidjis à l’ouest de la Polynésie, viennent d’en essuyer un d’une rare violence.

Dans la catégorie coup de vent, sans aller jusqu’au cyclone loin s’en faut, nous avons eu le plaisir de prendre une bonne douche, ancré dans la baie d’Avatoru sur l’atoll de Rangiroa. Nous attendions une dépression depuis plusieurs jours qui ne venait toujours pas. et tout d’un coup, alors que nous avions prévu d’aller diner à plusieurs équipage du World ARC chez la fameuse Lilly, personnage haut en couleur de l’ile qui tient une des meilleure table de l’ile dans son minuscule boui-boui à côté du débarcadère, nous avons eu droit à un déluge d’eau avec des coups de vent de plus de 35 nœuds, soit 60km/h. De nuit évidemment. Panique à bord quand on s’aperçoit que Solo, le bato allemand qui était venu dans l’après-midi s’amarrer à une bouée trop près de nous malgré les remarques appuyées de Jda, nous tombe dessus sans crier gare. Les bourrasques de vent dans tous les sens font tourner les batos à une vitesse supersonique et pas du tout dans le même sens ce qui est le plus dangereux. D’où une belle collision avec Solo. Heureusement pour nous il y a eu plus de peur que de mal. Tandis que sur les batos des copains, c’est assez chaud aussi : le corps-mort de Take Off a lâché et il dérivait à toute vitesse. Le temps qu’ils réalisent ce qui se passe, ils étaient déjà ensablés ! Grâce au sang-froid et à la dextérité de Jürgen, le super marin croisé Viking de Take off, ils ont réussi à se désensabler alors que le bato penchait dangereusement, pour s’ancrer un peu plus loin, heureusement en évitant une grosse patate sur leur chemin. Tandis que l’amarre de Toujours Belle, l’autre bato allemand de la flotte, luttait pour se libérer de son amarre entortillée autour de leur quille. Et pour se mettre à l’eau dans ses conditions il ne faut pas avoir froid aux yeux. L’ami Eric en sait qque choses puisqu’une fois les choses revenus à la normale à bord de Heidi il est parti aider Take off en palme et masque, au beau milieu des éléments déchainés et des requins qui ne manquent pas de roder la nuit. 

Pas d’inquiétudes, les Tuamotus se sont à 99,9% des mouillages de rêves comme dans les magazines, dans des eaux super calmes, transparentes comme du cristal. Les nombreuses plongées nous offrent un spectacle extraordinaire de jardins de coraux peuplés de poissons plus jolis les uns que les autres. Aussi pas mal de requins plutôt pacifiques la journée, bien que cela soit tjrs un peu inquiétant quand ils arrivent en bande et vous tournent autour. Ils sont vraiment profilés engin de destruction massive. Quand on découvre leur rangées de dents bien acérées quand ils ouvrent leur gueule cela ne rigole pas. Ce qui est plus drôle en revanche c’est de voir ces nuées de rémora, ces poissons à tête plate qui se scotchent comme un velcro sur les poissons plus gros, genre passager clandestin. Sauf qu’ils ont une propension à vouloir prendre leur quartiers sur nous et ils sont particulièrement perspicaces quand ils ont décidé que vous serez leur prochain autobus. Il y a aussi les poissons balistes, genre losange avec nageoire,  qui attaquent par surprise quand on passe un peu trop prêt de leur repaire. Et c’est à mourir de rire car plus ils sont petits et plus ils sont déchainés. Raphaël est décidé à trouver une perle sauvage et avec l’aide de son père il ausculte toutes les huitres qu’il peut trouver. Ce sont des huitres très particulières, ronde et plate, assez grandes, de la taille d’une main en générale mais pouvant aller jusqu’à celle d’une assiette. Avec un intérieur splendide, une nacre sombre et lustrée aux reflets irisés. Nous les avons convertis en ravissantes soucoupes et nous aurons bientôt un set digne de Versailles.

Nous n’avons pas manqué de visiter à Rangiroa la ferme de culture de perle, Gauguin perle, et l’ami Stephane spécialiste de la perle tahitienne, 26 ans de métier et une solide pratique commerciale. Nous avons eu droit à une initiation en règle pour apprenti cultivateur. Soit pour la faire courte, chez Gauguin Huitres, 2millions d’huitres dans l’eau, 3 ans pour donner 1 perle, 180'000 perles par an dont 120'000 commercialisables. Et une huitre peut être utilisée 3 fois de suite puis elle part en sushi. L’opération pour introduire le nucléo et la petite perle autour de laquelle l’huitre va construire la nacre n’est pas simple. Comme sur un établi d'horloger, il s’agit d’inciser une petite poche dans l’huitre juste assez ouverte pour passer un scalpel, puis une fois faite on la remet dans l’eau, rangée dans des poches. Là on observe si l’huître a bien gardé sa petite perle et on les attache ensuite comme des chapelets de saucisson et on les laisse dans l’eau pendant 3 ans. Tout cela pour 30% de taux de réussite, dans une économie en berne depuis 2008 avec plus de 600 faillites dans la branche. Alors pour soutenir le commerce des gens sympa comme dirait Louise, nous nous efforçons Louise et moi, avec bcp de difficulté vous vous en doutez, de trouver quelques petites babioles à ramener de leur splendide sélection exposée dans la boutique du centre. Au final nous avons eu droit au tapis rouge, tandis que les enfants et JDaniel commençaient à sérieusement s’impatienter dehors. Le plus mignon dans l’histoire c’est que Louise le soir me faisait part des regrets qu’elle avait de ne pas avoir acheté un magnifique collier de perles de haute qualité d’autant que nous avions bénéficié d’un joli geste commercial de l’ami Stephane. Le lendemain après-midi, nous croisons Louise en dinghy sourire au lèvre qui me raconte la surprise que Jürgen lui a faite. Il lui avait organisé une visite surprise à la ferme le matin même et offert le fameux collier que Louise souhaitait….c’est pas de l’amour vrai ça ??? Et JDaniel a été un amour de m’offrir ce ravissant bracelet super gothique comme dirait Raphaël qui a bien failli se l’approprier. Heureusement qu’il n’est pas fille car là je pouvais mettre une croix dessus !! Dans la rubrique souvenir, Raphaël me faisait part de son désir de se faire tatouer avant de quitter la Polynésie. Il a été impressionné par les tatouages sur les gros bras des équipiers allemands réalisés lors de notre escale aux Marquises. Je ne me fais pas trop de soucis vu son aversion des piqures en tout genre.

Question piqures nous avons été servis, lors de notre belle escale au lagon bleu dans l’atoll de Rangiroa. Partis en dinghy et à la nage, le passage de la passe par 5 cm d’eau est assez délicat et demande pas mal d’acrobatie pour y arriver. Et c’est là ou sournoisement des escadrilles bien entrainaient de nonos, sorte de puces hyper voraces, qui sans doute n’avaient pas mangé depuis des semaines, s’en sont données à cœur joie. Total des courses nous nous grattons depuis plus d’une semaine et ce n’est pas terminé.

La plus joli escale a été sans conteste à Fakarawa, juste après la petite passe sud de Tumakohua. Nous avons mouillé en face du village de Tetamau, après s’être fait des cheveux blancs : nous nous étions engagés dans la passe avec courant super fort, Take Off derrière nous. Nous prenons à droite un petit couloir après le passage en estimant qu’il y a assez de fond pour passer si on reste bien au milieu, plutôt que faire le grand tour. Effectivement nous passons sans souci mais pas de bol, Take Off se fait déporter par le courant et s’échoue à qques mètres de la 1ere maison sur pilotis du village. Du coup branlebas de combat sur Heidi pour essayer d’aller leur porter secours. Le temps de mettre le dinghy à l’eau tout en nous acheminant vers eux, plus de 4 bato à moteur se portent à leur secours ! Comme quoi on ne doit pas être les 1er à qui cela arrive vu la rapidité de réaction des locaux ! Et eurêka, Take Off redécolle rapidement en mode prudent pour venir s’ancrer à la bouée d’à côté.

Une explosion de vie aquatique s’ouvre à nous, tout d’abord sous le bato, des palanquées de requins, de balistes, de poissons chirurgien et autres nasons. Une eau tellement transparente que l’on voit comme à travers une vitre. Une luminosité fantastique qui « multi – colore » tout ce que l’on voit. Et les plus belles plongées jamais faites depuis notre départ. A la sortie de la passe que nous atteignons en dinghy par courant rentrant, nous nous mettons tous à l’eau avec palmes et masques. L’un d’entre nous tient le dinghy et nous dérivons tous vers l’intérieur du lagon grâce au courant qui nous emporte. Et c’est tellement fantastique que nous le faisons 2 fois de suite, soit plus de 2 heures dans l’eau, petits et grands émerveillés de cette magnifique aventure. La richesse des couleurs, des formes des coraux de toutes sortes et de tous poils, des poissons en profusions qui rivalisent d’originalités et toute une faune bigarrée, que l’on ne se lasse pas d’admirer dans cette eau chaude et cristalline. Bref c’est genre nemo mais en mille fois mieux. Ne leur manque que la parole….. Autant dire que le soir nous nous écroulons de sommeil, impatient de pouvoir recommencer le lendemain.

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