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du 10 aout au 4 septembre 2016

Note:  

Mais non ma belle Marie Claude, nous sommes sain et sauf, bien arrivés en Australie. Je sais je tarde un peu à poster ce dernier épisode de notre belle aventure, mais c’est que l’on fait encore tellement de choses sympa depuis notre arrivés qu’il y a tjrs plus de choses à raconter….

De son côté Raphaël a commencé l’école en suisse mi-aout….et sans oublier le break et le trot flambant neuve ! Il est enchanté et en plus il est chouchouté par Janice et Cathy qui s’occupent de lui comme un pacha….cela va être dur de réintégrer la maison, vous n’allez pas me faciliter la vie les filles ;-) quoi qu’il en soit mille mercis vous êtes merveilleuses. Et merci à Valerie et Hans Peter de l’avoir ramener après un superbe voyage via Hong Kong.

Alors voilà le petit dernier, avec toutes mes excuses pour le retard….

 

Day 396 – Day 421: du mercredi 10 aout au dimanche 4 septembre 2016 : Nouvelles Calédonie : Nouméa, Baie de Porny, Iles des Pins // Crossing de Nouméa à l’Australie : Coffs Harbour - New Castle – Sydney. (1106 miles parcourus, 7 jours, 30% moteur) –

Arrivés à bon port à port Moselle à Nouméa, nous voilà plongés dans les formalités douanières…. Après avoir rempli une bibliothèque de documents, voilà Mélanie, la charmante mais intransigeante douanière qui rafle tout ce qui traine à bord en matière de végétal et animal, et autres articles dont je renonce à comprendre la logique. Elle repart avec 3 sacs poubelles et 1 caddy bien rempli…même que JDaniel a du se goinfrer de son saucisson devant elle car il ne pouvait se résoudre à le perdre… du coup on se fait des pates natures le soir de notre arrivée, car trop fatigués pour aller au resto. Après l’exploit de ne rester qu’un seul jour entier à quai, lavage, réapprovisionnement, pas le temps pour du shopping, nous prenons le chemin des Ile des Pins au sud. Nous faisons une halte pour dormir dans la jolie baie de Prony, bien protégée du vent qui souffle assez fort sur la route. Puis nous repartons aux aurores pour les iles du sud. Après une petite traversée sans histoire, ou Jda a tout de même pêché une magnifique dorade coryphène, nous posons l’ancre dans la seule baie vraiment protégée de l’archipel. Fantastique succession de petites iles et ilots plus charmant les uns que les autres, des paysages étonnants avec ces pins super fins qui montent tout droit vers le ciel, et de magnifiques fonds sous-marins. Nous avons plongé sur de splendides reefs, une multitude de coraux multicolores aux formes extrêmement variées, je crois que cela a été parmi les plus beaux que l’on ait vu jusqu’à présent. Et nous avons aussi fait la connaissance de 2  italiennes en ballade dans ce coin du monde, tellement marrantes et sympas que nous sommes rentrés tous ensemble sur Heidi le soir même! Francesca nous a fait La Pasta comme nous en avons rarement mangé, un vrai délice. Bref une soirée charmante et tellement drôle, totalement imprévue…le charme des latines comme dirait Jda…et d’autres sans doute ;-)

Retour sur Nouméa, avec de nouveau une nuit dans la petite baie sur le chemin. Et comme on y arrive à la nuit noire, on suit la trace que nous avions enregistrée à l’allée de près car il y a des reefs partout. Et évidemment pour trouver une bouée de libre par nuit noire c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. En plus il y a un vent incroyable, qui manque de peu de nous emplafonner contre le petit débarcadère… il faut dire que la baie est vraiment minuscule, et les bouées après lecture des instructions nautiques, sont faites pour des bato ne dépassant pas les 10 mètres. Bon comme on est fatigué et que l’on en a ras la casquette des manœuvres nocturne, on s’amarre aussi solidement que possible à la bouée la plus proche du bord, la seule que l’on ait repérée accessible pour nous. On s’endort aussi sec et au matin, par une parfaite journée ensoleillée, nous prenons notre café quasi sur le sable !!

On arrive à Nouméa en fin de journée, le plan étant de refaire du fuel et des provisions et repartir au plus vite pour la traversée sur l’Australie. Seulement Jda, entre temps, et grâce à ses qualités de fin limier propre au Sherlock homes des temps modernes, nous trouve LE réparateur qu’il nous faut pour le dessalinisateur. Du coup on prolonge notre séjour de qques jours. Et manque de pot, malgré le fait qu’il répare sans souci ce modèle depuis des lustres, le nôtre, évidemment c’est plus compliqué. Il doit démonter l’engin en entier, sans garanti de pouvoir le réparer ! Comme entre temps les dépressions s’accumulent de manière inquiétante sur le chemin de la traversée, on décide de ne plus attendre et prendre le vent du large avant qu’il ne nous scotche pour une période indéterminée à Nouméa. Tant pis pour le dessal, on s’en occupera en Australie !

Entre gros coup de vent, pluie, calme plat, on finit par arriver sur les côtes australiennes, au bout de 5 jours en mer. Et sans faire ni une ni deux on va directement s’abriter à Coffs Harbour, un des ports les plus proche sur la cote, compte tenu du coup de vent violent annoncé pour la nuit : violet foncé sur les grids, 40 à 60 kt de vent et plus pendant les risées, je n’avais encore jamais vu cette couleur c’est impressionnant. Comme nous avons obtenu l’autorisation du bout des lèvres des autorités australienne de nous abriter pour la nuit, sans option terre, nous sommes relégués en quarantaine sur une bouée ou l’on est totalement seul. De nouveau pas commode pour la trouver de nuit et pour nous y amarrer, mais Jda a maintenant un coup de gaffe imparable qui fait que comme dans les fêtes foraines, il gagne le gros lot à tous les coups. Que ne ferais-je sans lui……

Au petit matin on se glisse en mode furtif dans le petit port à la recherche d’une pompe car on est un peu à cours pour pouvoir parcourir les 180 miles qui nous séparent de New Castle, le port ou l’on doit faire toutes les formalités administratives d’importation du bato. Et évidemment on se fait immédiatement repéré par le garde côte ! Du coup comme il y bcp de vent, sans faire ni une ni deux je l’annexe pour nous aider à amarrer Heidi au ponton d’essence ou il se trouve, ce qui ne manque pas de le surprendre un peu. Puis il m’explique gentiment mais fermement que nous n’avons pas l’autorisation de toucher terre, ce à quoi je lui répond que je veux bien mais alors il faudra qu’il nous envoie un remorqueur pour nous amener à bon port dans la mesure ou les prochaines 24heures de nav pour descendre la côte vont se faire avec un vent de 30 kt de face, accompagnées de vagues de +/- 2 mètres et un courant contraire costaud. Du coup il m’aide à faire le plein fissa…. Mais je n’ai pas osé lui donner les poubelles, je crois que là il nous aurait envoyé paitre !!

Et c’est vrai que ce dernier bout était vraiment pénible niveau conditions. On a pris l’option de longer la côte au plus près pour essayer de se protéger au maximum, et j’avoue que les rivages australiens sont de toutes beautés. Des kilomètres et kilomètres de plages de sable blanc, totalement sauvages, avec en arrière-plan des montagnes magnifiques, splendides et grandioses.

Dans une des baies, au petit matin, je remarque de drôle de petits icones sur les écrans du système de nav. Comme il y en avait vraiment partout, je me demande sérieusement ce que cela peut bien dire…. Jda mal réveillé me dit que cela doit être des fermes d’élevage de poissons…. Et l’on finit par comprendre que ce sont des sous-marins ! Nous voilà en territoire militaire, dans la cours de récré des forces de la marine australienne. Et juste à ce moment, dans un bruit assourdissant sortant des nuages, 2 avions de chasses nous survolent en faisant des cercles au-dessus de nous. Aie Aie Aie, là je nous imagine être arrêté pour espionnage, enfermés dans un de leurs charmants camps militaires sans même avoir le droit de passer un coup de fil !!! Et pour le blog ma pauvre Marie Claude cela aurait été macache!! Et tout cela arrive juste au moment où l’on s’enfile dans un petit passage compliqué et périlleux entre la plage et des récifs, tjrs avec ce vent, ce courant et cette mer bien formé contre nous… Bref on a connu mieux comme situation ! Alors à peine arrivée qques heures plus tard, tjrs sous la pluie et le froid, quel ne fut mon soulagement de ne voir que l’équipe du service d’immigration monter à bord. Enfin ils sont tout de même 5 costauds et ils ne rigolent pas. Ils commencent par démonter tout l’arrière du bato, à la recherche de je ne sais trop quoi. Puis quand ils se rendent compte que l’on ait plutôt coopératif, ils se détendent un peu et on finit par bien rigoler avec eux, autour d’un thé car les bières cela fait désordre en service commandé. Qques heures et 500$ plus tard ils finissent par quitter le bord, en emportant le contenu du congélateur et du placard à provision…et les fameuses poubelles. C’est déjà ça de gagné ! Mais ils n’ont pas pris le plastique et le verre, que l’on continue à trier en bon suisse que nous sommes !!

Comme l’on doit encore attendre la visite d’autres officiers de l’immigration pour l’importation du bato, on décide de se rendre à Sydney en train. C’est moins glamour qu’en bato, surtout que j’avais fait des pieds et des mains depuis juin pour obtenir une place dans la Royale Marina of Sydney, celle qui organise la course Sydney-Hobart. Merci Jessica de nous avoir octroyé un permis de 48h, on peut le garder pour le prochain tour du monde ??

Une fois sur place, on s’amuse tous les 2 comme des gosses…. Sans parler des kilomètres à pieds que l’on a fait, qui ressemblaient plus à des pieds de hobbits qui auraient fait plusieurs fois le trajet pour le Mordor !

On commence par visiter le fameux Endeavour, la réplique du bato du capitaine Cook qui se trouve au fabuleux musée maritime de Sydney. Et là on comprend qu’il vaut mieux être sur Heidi au XXI siècle que parmi les 90 marins du bord dans les conditions de nav du XVIII cad comme si on partait pour une autre galaxie. Alors on ne s’étonne qu’à moitié d’apprendre que seulement la moitié survit au voyage. Et en plus Cook trouve le moyen de se faire assassiner à Hawaï lors de son 3eme voyage. Oui parce qu’en plus il est assez fou pour avoir remis cela 3 fois de suite ! Et après le XVIII on saute dans le temps pour visiter un sous-marin des années 80…. On se sent une âme de sardine la dedans, avec une salle des machines qui laisse Jda songeur…. du coup il ne se plaint plus des qques petites misères que l’on a pu rencontrer niveau technique sur Heidi !! On ne pousse tout de même pas le vice à aller visiter le grand aquarium de Sydney, même si c’est un des plus beau du monde ! On se fait plutôt une overdose d’art contemporain et moins contemporain, notamment une splendide expo de Frida Kaloh et Diego Riviera….on reste poursuivit par la couleur bleu (sa maison à mexico que j’ai eu la chance d visiter est toute bleu, la Casa Azul). On retrouve des amis sur place, Max et Marie Elgue, que nous avions vus la dernière fois ensemble lors de la naissance de leur 1ere fille…il y a 21 ans ! Et c’est comme si l’on s’était quittés la veille…. Quel plaisir et quelle charmante soirée….un peu trop arrosé pour Jda qui voit des éléphants roses sur le chemin du retour !

Le lendemain soir nous ne sommes pas en reste car nous allons à…l'opéra ! Bon ce n’est que pour voir une comédie musicale, mais quelle comédie musicale….My Fair Lady, si si. En plus dirigée par devinez qui ? Julia Andrew en personne ! Et pas du tout fossilisée, du moins sur les photos que l’on peut voir lors des répétitions. Spectacle vraiment charmant, des costumes, des décors incroyables, des acteurs, chanteurs impressionnants de savoir-faire et de naturels. Sans parler des lyrics que l’on connait tous… I want to danse tonight, I want to danse tonight…. Soirée magique! Jda plus séduisant que jamais, tout en drôlerie tjrs partant pour tout, malgré son gros rhume et son mal de dos “qui-n’a-plus-20-ans” comme il me répète à longueur de journée. Faut dire que manipuler un dessalinisateur de plus de 45kg tout seul ce n’est pas une bonne idée du tout, même quand on a 20 ans !! Surtout qu’il n’a pas besoin de cela pour me demander de lui faire des petits massages…. 

De retour à New Castle, nous avons à peine le temps de remettre un peu d’ordre sur Heidi, avant l’arrivée de plusieurs acheteurs potentiels que n’a pas pu faire attendre plus longtemps notre brooker. L’avantage est que le bato est maintenant vraiment super nickel mis à part toutes les réparations qui restent encore à faire, les batteries qui sont mortes, le dessal en berne, les voiles à raccommoder, l’antenne de la BLU qui a failli continuer le voyage toute seule, le propulseur avant qui boude dans son coin, la coque à rafistoler par endroits, les traces de rouillent sur les chromes, enfin la liste est encore longue…. Qui a dit que le bato c’est les vacances assurées ??!

Et voilà, on arrive au terme de notre odyssée, tellement heureux d’être partis, mais aussi vraiment content de rentrer. Cela a été aussi un réel plaisir de tenir ce blog et partager ensemble tous ces merveilleux moments, merci de votre fidélité, de vos petits mots, de vos attentions et vos visites à bord pour les plus courageux. Merci de nous avoir supporté pendant tous ces longs mois, cela nous a fait chaud au cœur, vrai de vrai !

Le plus drôle dans l’histoire c’est que nous n’avons toujours pas obtenu nos permis hauturier pour naviguer en haute mer ! Nous avons passé la théorie en suisse avant notre départ, puis validé la pratique avec 1000 miles certifiés par un skipper. Figurez-vous qu’ils nous réclament maintenant….le permis lac suisse ! Après avoir parcouru comme des grands 24'000 miles en méditerranée, atlantique et pacifique, cela fait sourire. Mais ils sont tellement incroyables à ce Cruising Club Suisse que s’ils n’existaient pas il faudrait les inventer….

Il ne nous reste plus qu’à vous embrasser très fort, en souhaitant vous revoir très bientôt en chair et en os !

Commentaires (2)

Rumani marie-Claude
  • 1. Rumani marie-Claude | 04/10/2016
Coucou!
Je viens seulement de lire la fin de votre périple et je suis totalement bluffée!!
Bravo,bravo bravo
martinou
  • 2. martinou | 06/09/2016
l'exploit d'avoir tenu ce blog avec tant de talent et de malice est comparable à l'aventure que nous avons pu suivre avec vous : ma-gis-tral!, mais il n'égale pas le plaisir qu'on va avoir à réduire l'encablure pour vous serrer bien fort dans nos bras!, il nous tarde d'en être là, en attendant nous croisons les doigts pour que les dernières tractations qui nous séparent encore s'envolent plus vite que les oiseaux de mer...
ceux de Lyon

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